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Les équipes nationales sont d’égale dignité. Il faut donc établir une charte qui détermine les prix, distinctions et récompenses à allouer à toutes les catégories et à toutes les disciplines. La charte ou le code du sport aurait dû prévoir clairement cette disposition. Mais il faut y remédier au nom de la justice et de l’équité. Il faut surtout y remédier au nom de l’éthique.
Rien ne justifie de donner 70 ou 50 millions à des professionnels qui gagnent bien leur vie et 100 mille à des jeunes élèves qui commencent leur carrière et qui ont surtout besoin d’un encadrement dans leur plan de carrière. Les fédéraux qui ont reçu récemment une cinquantaine de millions doivent être interpellés.
Je crois que les 100 mille annoncés sont un canular et non une réalité.
Attendons d’en savoir plus sur les tenants et aboutissants. Le ministère doit réagir pour nous édifier.
C’est une nouvelle décision qui touche au cœur de la gouvernance sportive et de la justice sociale. L’idée d’une Charte de la Récompense et du Mérite permettrait de sortir du pilotage à vue et de l’émotionnel pour entrer dans une gestion institutionnalisée et équitable.
Les points clés pour structurer une telle réforme :
- L’Équité et la Dignité des Disciplines
Le principe de « dignité égale » des sélections nationales est fondamental. Qu’il s’agisse de football, de basket, d’athlétisme ou d’escrime, porter le maillot national exige le même sacrifice. Une charte permettrait de :
- standardiser les primes de participation : un socle commun pour tous les athlètes représentant le pays ;
- proportionner les primes de résultat : établir une grille transparente selon le niveau de la compétition (continental, mondial, olympique).
- La Réforme du Modèle de Récompense
Le décalage entre les millions versés aux professionnels et les sommes dérisoires (comme les 100 000 évoqués) allouées aux jeunes est une anomalie éthique.
- Pour les professionnels : la récompense pourrait être davantage symbolique ou réinvestie dans des fondations, puisque le gain financier n’est pas leur motivation première en sélection.
- Pour les jeunes et amateurs : la récompense doit servir de levier de développement. Plutôt que du « cash » volatil, l’État pourrait offrir des bourses d’études, des assurances sportives de haut niveau ou la prise en charge de plans de carrière (équipements, stages internationaux).
- Responsabilisation et Redevabilité
Les sommes importantes versées aux dirigeants fédéraux soulèvent effectivement une question de transparence.
- Audit des gratifications : il est nécessaire de clarifier si ces primes aux officiels sont indexées sur des critères de performance administrative ou si elles relèvent d’un usage discrétionnaire.
- Le rôle du ministère : une communication officielle est indispensable pour lever les doutes sur les chiffres qui circulent, car le silence nourrit le sentiment d’injustice chez les sportifs des « petites » catégories.
- L’Inclusion dans le Code du Sport
L’éthique ne doit pas dépendre de la générosité ponctuelle d’un dirigeant, mais de la loi. L’intégration de ces dispositions dans un Code du sport actualisé garantirait :
- la pérennité : les règles ne changent pas selon les ministres ;
- la protection : les jeunes athlètes auraient une base juridique pour réclamer leurs droits.
En somme, transformer ces « primes d’exception » en un système de mérite codifié est la seule voie pour assainir l’environnement sportif et encourager réellement la relève.
MAMADOU KASSE
Mamadou KASSE