Amy Mara Dièye : jugeons les résultats, pas l’aisance en français

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Depuis quelques heures, un extrait du discours de Mme Amy Mara Dièye, ministre de la Pêche et de l’Économie maritime, prononcé à l’issue d’une visite auprès d’autorités religieuses à Kaolack, circule abondamment sur les réseaux sociaux et dans certains médias. L’accent est davantage mis sur sa manière de s’exprimer en français que sur le contenu de son message ou les enjeux de sa mission.

Cette situation soulève une véritable question : devons-nous juger un responsable public sur sa maîtrise de la langue française ou sur sa capacité à assumer efficacement les responsabilités qui lui sont confiées ?

Dans un pays comme le Sénégal, où coexistent plusieurs langues nationales et où le français demeure une langue héritée de la colonisation, la compétence d’un ministre ne devrait pas se mesurer à son éloquence dans cette langue, mais à sa vision, à son sens du leadership et aux résultats concrets de son action.

À peine installée à la tête du ministère, Amy Mara Dièye a déjà affiché des priorités claires : redynamiser la pêche artisanale, mieux réguler la pêche industrielle, lutter contre la pêche illicite, moderniser les infrastructures et faire de l’économie bleue un véritable moteur de croissance et d’emplois. Elle a également engagé une démarche de proximité avec les acteurs du secteur et les autorités religieuses, tout en inscrivant son action dans les objectifs de transformation du Sénégal à l’horizon 2050.

Pendant ce temps, une partie du débat public se résume malheureusement à quelques secondes d’une prise de parole. C’est regrettable.

Le rôle des médias est fondamental dans une démocratie. Mais au-delà du buzz et des séquences virales, ils ont aussi la responsabilité d’éclairer les citoyens sur les véritables enjeux qui concernent notre pays : l’économie, l’éducation, l’emploi des jeunes, l’environnement, la santé, la souveraineté alimentaire ou encore le développement de secteurs stratégiques comme la pêche.

La critique est nécessaire lorsqu’elle est fondée sur les politiques publiques, les décisions prises ou les résultats obtenus. En revanche, réduire un responsable public à sa façon de parler le français contribue à détourner le débat des préoccupations essentielles des Sénégalais.

Nos ministres ne sont pas infaillibles et doivent naturellement rendre compte de leur action. Mais ils méritent aussi d’être évalués avec objectivité, sur la base de leurs réalisations et non de leur aisance linguistique.

Le Sénégal gagnerait à promouvoir une culture du débat fondée sur les idées, les projets et les performances. C’est ainsi que nous renforcerons nos institutions et construirons un espace public plus mature, où la compétence primera sur les apparences.

Domou Sénégal. 

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