Dakar accueillera « Il était une fois GAZA », une exposition d’Ousmane Dia en hommage à la mémoire palestinienne
Le Monument de la Renaissance africaine accueillera, du 23 octobre 2026 au 8 janvier 2027, l’exposition « Il était une fois GAZA », une création de l’artiste plasticien sénégalo-suisse Ousmane Dia. Placée sous le commissariat scientifique et artistique du professeur Babacar Mbaye Diop, cette manifestation réunira également neuf artistes plasticiens palestiniens autour d’une réflexion sur la mémoire, le territoire et la résistance.
Reconnu pour son approche engagée de l’art contemporain, Ousmane Dia propose une exposition qui interroge les violences du monde actuel à travers le prisme de Gaza. Installations monumentales, sculptures, peintures et dessins composent un parcours artistique conçu comme un espace de témoignage, de transmission et de responsabilité historique.
L’exposition prend pour point de départ la situation de Gaza au XXIᵉ siècle, présentée comme l’expression d’un processus colonial prolongé ayant entraîné la destruction des territoires, des vies et des mémoires. Le titre « Il était une fois GAZA » détourne volontairement la formule traditionnelle du conte afin de souligner la tragédie d’une réalité qui continue de s’écrire sous le regard du monde.
Au cœur de cette démarche artistique figure la question du territoire. Ousmane Dia y aborde la Palestine non seulement comme un espace géographique, mais aussi comme un lieu de mémoire, d’identité et de transmission. Son travail privilégie une approche humaine en mettant en lumière les expériences individuelles et collectives derrière les enjeux politiques et diplomatiques.
L’exposition accorde également une place importante à la création palestinienne contemporaine. Neuf artistes invités présentent des œuvres inspirées de leur vécu et de leur relation à leur terre. À travers la peinture, la broderie, la calligraphie, la photographie, les installations ou encore le dessin, ils développent des regards singuliers sur l’exil, la mémoire, la résilience et la préservation de l’identité culturelle.
Parmi eux, Maha Aldaya explore la mémoire du déplacement à travers la broderie traditionnelle palestinienne, tandis que Mohammed Al-Hawajri recourt à la satire et à la métaphore pour dénoncer la violence tout en célébrant la vie. Ahmad Dari mobilise la calligraphie comme langage artistique et culturel, alors que Dina Mattar met en avant la place de la femme palestinienne comme symbole de transmission et d’espérance. Les œuvres d’Ayman Essa, Raed Issa, Liza Madi, May Murad et Taimaa Salama viennent compléter cette diversité de regards sur la réalité palestinienne contemporaine.
Deux installations majeures d’Ousmane Dia structurent le parcours. « Assise Palestinienne » restitue symboliquement les contours géographiques de la Palestine sous la forme d’une sculpture monumentale. Ponctuée de structures métalliques surmontées de chaises, l’œuvre fait de cet objet un symbole de présence, d’hospitalité, de résistance et du droit de vivre sur sa terre. Les couleurs du drapeau palestinien — blanc, noir, rouge et vert — renforcent cette dimension symbolique.
La seconde installation, intitulée « À la mémoire des innocents », rassemble 365 sculptures représentant chacune une journée. Ce dispositif artistique évoque la durée, la répétition et la permanence de la violence, tout en rendant hommage aux victimes civiles à travers un mémorial sculptural conçu dans l’atelier de l’artiste à Sandiara.
Au-delà de sa dimension artistique, l’exposition rappelle les liens historiques entre l’Afrique et la Palestine. Elle fait notamment référence à la mission de médiation initiée à Dakar en 1971 sous l’impulsion de l’Organisation de l’Unité africaine, illustrant l’ancien engagement du continent africain en faveur d’une solution pacifique au conflit.
À travers « Il était une fois GAZA », Ousmane Dia propose une œuvre où l’art devient un espace de mémoire, de réflexion et de dialogue. En choisissant Dakar comme lieu d’accueil, l’artiste inscrit cette exposition dans une histoire plus large des solidarités internationales, faisant de la création artistique un vecteur de transmission, d’interpellation et de préservation des mémoires.
EL FAYE