Fonds politiques : Sonko défend un contrôle renforcé et assume ses divergences avec Diomaye Faye

0 44

Le Premier ministre Ousmane Sonko a réaffirmé sa volonté de renforcer le contrôle et la transparence autour des fonds politiques, estimant que leur encadrement constitue un engagement pris devant les Sénégalais lors de la campagne électorale.

S’exprimant sur ce dossier sensible, le chef du gouvernement a également reconnu l’existence d’un désaccord avec le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, concernant les modalités de gestion de ces ressources publiques.

Le débat sur les fonds politiques a été relancé après une interview accordée le 2 mai par le chef de l’État au Palais de la République. Bassirou Diomaye Faye y avait défendu le maintien de ces fonds tout en reconnaissant les exigences de transparence qu’ils impliquent. Le président avait notamment évoqué les impératifs liés au renseignement, à la sécurité nationale, à la solidarité internationale ainsi qu’aux nombreuses sollicitations adressées à l’État.

Face aux députés, Ousmane Sonko a rappelé que la réforme des fonds politiques figure depuis plusieurs années parmi les priorités de son camp politique. « Depuis 2019, nous avions posé ce débat sur les fonds politiques. Personne ne nous l’a imposé, nous avons jugé que tous les fonds doivent être transparents », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre a toutefois précisé que sa position ne vise pas la suppression des fonds politiques, mais leur encadrement à travers un mécanisme de contrôle rigoureux inspiré de certaines démocraties occidentales.

« Nous n’avons pas dit que nous allons supprimer les fonds politiques mais ils doivent être contrôlés comme dans des pays comme la France », a-t-il soutenu.

Dans le même temps, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité de préserver la confiance des citoyens dans la gestion des ressources publiques. Évoquant les crédits affectés à la Primature, il a indiqué disposer de « 1 milliard 770 millions de fonds politiques », tout en soulignant que « ce débat n’est pas personnel ».

Selon lui, les Sénégalais attendent avant tout que ces ressources ne servent « ni de butin politique ni d’instrument d’enrichissement personnel ».

Le chef du gouvernement a également réaffirmé son attachement au principe de redevabilité dans la gestion des finances publiques. « Aucun fond du contribuable ne doit échapper au contrôle », a-t-il martelé, plaidant pour une gouvernance davantage fondée sur la transparence et la reddition des comptes.

Abordant enfin le processus législatif lié à cette réforme, Ousmane Sonko a indiqué privilégier une initiative portée par l’Exécutif. Il a révélé avoir échangé avec le député Guy Marius Sagna après l’annonce d’une proposition de loi sur cette question, tout en annonçant son intention de soumettre prochainement un texte en Conseil des ministres si les concertations en cours n’aboutissent pas rapidement.

Leave A Reply

Your email address will not be published.