Le frère cadet du député-maire des Agnam, Ismaïla Ngom, inculpé et placé sous bracelet électronique dans le cadre de l’affaire des 125 milliards de francs CFA révélée par la CENTIF, a été brièvement entendu ce vendredi par le juge d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF).
Selon Les Échos, cette audition n’a duré qu’une heure, un laps de temps jugé étonnamment court au regard de la gravité et de la multiplicité des charges pesant sur lui.
Un mis en cause sur la défensive
Face au juge, Ismaïla Ngom a nié en bloc l’ensemble des faits qui lui sont reprochés. Il a, à plusieurs reprises, renvoyé la responsabilité et les éclaircissements attendus vers son frère aîné, Farba Ngom, décrit comme la figure centrale du dossier.
L’interrogatoire a porté sur le fonctionnement des sociétés familiales et les mouvements financiers identifiés par la CENTIF. Le juge s’est particulièrement intéressé aux 14 chèques d’un montant global de 5,3 milliards de francs CFA versés à la SCP Tidjania, ainsi qu’aux retraits importants attribués à Ismaïla Ngom.
Ce dernier a rejeté toute irrégularité, assurant que ces transactions relevaient d’opérations strictement privées, légales, traçables, et sans aucun lien avec des fonds publics. Ses avocats, confiants, ne sont pas intervenus durant l’audition, rapporte L’Observateur.
Une instruction qui se poursuit
Malgré ces dénégations, l’enquête se poursuit. Les Échos indique que le magistrat instructeur prévoit encore d’entendre plusieurs présumés complices, dont Birane Ngom, convoqué pour ce lundi.
Quant à Farba Ngom, considéré comme le pivot du dossier, il devrait être interrogé en dernier, une fois que le juge aura réuni un socle d’éléments suffisamment consistants pour mener un interrogatoire approfondi.
En attendant la suite de la procédure, la défense d’Ismaïla Ngom n’exclut pas de déposer une demande de non-lieu, estimant que les charges retenues sont insuffisamment étayées et dépourvues de fondements solides, conclut L’Observateur.