Le Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP) a franchi un cap en 2025 avec une gestion marquée par plus de transparence et d’exigence. Selon le rapport publié le 3 avril 2026, une enveloppe de 1,9 milliard de francs CFA a été mobilisée pour soutenir le secteur des médias, avec 164 bénéficiaires retenus sur 241 dossiers examinés, soit un taux de sélection de 70 %.
Cette nouvelle orientation fait suite aux recommandations de l’Inspection générale d’État (IGE), qui avait relevé des insuffisances dans la gestion antérieure du fonds. Désormais, l’accès au financement est strictement conditionné au respect des obligations légales, fiscales et sociales.
Le processus d’attribution s’est appuyé sur une double procédure : l’enregistrement des demandes via la plateforme Déclaration Médias Sénégal (DMS) et le dépôt physique des dossiers. Sur les 165 dossiers enregistrés en ligne, 80 % ont été jugés éligibles, contre seulement 38,15 % pour les dépôts physiques. Cette différence souligne l’importance de la digitalisation dans la structuration du secteur.
Dans la répartition des financements, les entreprises de presse privées et les radios communautaires ont reçu plus de 1,09 milliard de francs CFA. La presse en ligne arrive en tête avec 326,8 millions, suivie des télévisions (157,5 millions), de la presse écrite (106 millions) et des radios commerciales (96,25 millions). Les radios communautaires, fortement représentées avec 127 structures, ont bénéficié de 412,2 millions de francs CFA.
Par ailleurs, une part importante du budget a été consacrée aux médias publics, aux organes de régulation et à la formation. Le Centre d’Études des Sciences et Techniques de l’Information (CESTI) a vu son budget multiplié, traduisant une volonté de renforcer les compétences dans le secteur.
Autre évolution notable : la réduction drastique des dépenses de fonctionnement du FADP, passées de 190 millions à 28,2 millions de francs CFA, permettant de réorienter davantage de ressources vers les bénéficiaires.
Malgré ces avancées, des défis persistent. Le rapport souligne des disparités dans la répartition géographique des bénéficiaires, largement concentrés à Dakar, ainsi que l’exclusion de certains médias pour non-conformité administrative.
En imposant des critères plus stricts, le FADP entend encourager une professionnalisation accrue du secteur. Plusieurs entreprises de presse ont déjà entamé des démarches de régularisation, signe d’un changement progressif des pratiques. Une dynamique que les autorités comptent renforcer à l’horizon 2026, avec une révision annoncée des textes encadrant le fonds.