Fausse grossesse, vraie condamnation : une déléguée médicale reconnue coupable d’escroquerie à Pikine-Guédiawaye
L’affaire, aussi intime que judiciaire, s’est jouée devant le tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye. Une déléguée médicale, identifiée sous les initiales N.S. Bitèye, y a été jugée pour avoir monté une mise en scène destinée à piéger son ancien compagnon, un hôtelier bien connu, dans l’espoir de raviver une relation rompue — et d’en tirer un bénéfice financier.
Selon L’Observateur, présent à l’audience, la prévenue a reconnu avoir fabriqué de toutes pièces une grossesse fictive. Pour crédibiliser son stratagème, elle a téléchargé sur les réseaux sociaux l’image d’un test de grossesse positif, qu’elle a ensuite transmise à l’homme d’affaires. Dans le même élan, elle a publié sur Instagram des messages à caractère suggestif, avant de les supprimer, dans le but assumé de provoquer une réaction de son ex-amant.
À la barre, N.S. Bitèye a tenté de donner à son geste une dimension sentimentale. Elle a expliqué avoir agi par désespoir, affirmant vouloir « sauver son couple ». Une version vigoureusement contestée par la partie civile. Son avocat, Me Alioune Sow, a dénoncé une opération purement intéressée, visant à extorquer 300 000 francs CFA à son client sous le faux prétexte de financer un avortement. « Elle savait qu’il en avait les moyens », a-t-il martelé, soulignant que l’hôtelier ne réclamait qu’un franc symbolique afin de laver son honneur.
Le ministère public, estimant les faits particulièrement graves, avait requis six mois de prison ferme. Le tribunal a toutefois requalifié l’infraction initialement poursuivie pour extorsion de fonds en escroquerie. À l’issue des débats, la prévenue a été condamnée à six mois d’emprisonnement, dont un mois ferme. Elle devra également verser le franc symbolique à la partie civile en réparation du préjudice moral.
Une décision qui clôt une affaire révélatrice des dérives possibles lorsque l’intime se transforme en instrument de manipulation pénale.