Retraité des Forces Armées: Sa pension FNR détournée, il dénonce un système de fraude bancaire systémique
Dans une lettre adressée au président de la République et à plusieurs autorités étatiques, un père de famille, retraité des Forces Armées sénégalaises, dénonce un scandale majeur de détournement de ses salaires et de sa pension FNR, qui se poursuit depuis près de deux décennies. Ses réclamations auprès des banques et des services compétents sont restées sans réponse, laissant ce retraité confronté à une injustice financière flagrante.
L’histoire commence au sein d’une banque connue de la place, où deux comptes courants apparaissaient sur ses relevés bancaires : Un compte au nom de Ismaila Anne et un autre compte lié à un engagement d’une coopérative d’habitat. Cette dernière, prétendument destinée à l’attribution d’une maison depuis 2004, n’a jamais concrétisé cette promesse, malgré les frais bancaires et les cotisations versés par le retraité.
Face à ces anomalies, il décide en 2006 de domicilier son salaire à une autre banque après avoir obtenu un certificat de non-engagement et demandé la fermeture de ses comptes à la banque. Cependant, selon lui, les engagements ont été transférés de la banque connue à une autre, sans que ses droits ne soient respectés. Quelques mois après, son adhésion à la COMICO pour un montant de 15 000 F CFA et une caution de 900 000 F CFA lui a été remboursée partiellement, la coopérative n’ayant pas de logement à lui attribuer à Thiès, sa ville d’origine.
Malgré ces démarches, la situation se complique davantage. La banque, dans ses réponses à ses réclamations, mentionne un compte SN, qui initie le virement de sa pension FNR 835841/E vers un autre compte, domicilié aux Parcelles Assainies, dont le retraité détient pourtant la carte bancaire depuis 2004. Or, il n’a jamais eu accès à ce compte ni reçu d’explications sur les transactions effectuées. Les virements interbancaires, ainsi que la création de comptes IBAN comportant des codes pays de banques sénégalaises inconnues de lui, révèlent une usurpation systématique de son identité et de ses droits bancaires.
Une pension détournée
Selon le retraité, ses salaires et sa pension ont été continuellement détournés, et il s’est trouvé dans l’incapacité de percevoir la totalité de ses droits. Il souligne que dès décembre 2017, date de sa retraite à 56 ans, des retenues de cotisations pour actions sociales ont été prélevées sur sa pension FNR et virées dans le compte 233918800 82, dont il ne pouvait disposer. Ces pratiques, selon lui, se sont poursuivies de manière continue, sans que les institutions financières ou administratives n’interviennent pour mettre fin à la fraude.
La complexité du système de détournement est frappante. Parfois, les virements sont initiés via le compte SN75 du Trésor Public, qui ne devrait jamais avoir de relevé d’identité bancaire, et d’autres fois, les fonds transitent par un compte interne de la banque avec référence C.SOS, avant d’atterrir dans le compte du retraité, auquel il n’a jamais pu accéder. Ce circuit opaque laisse craindre des malversations coordonnées entre les banques et certains services de l’administration financière, selon les éléments fournis par le retraité.
Des transferts interbancaires effectués à son insu
Face à ces irrégularités, le retraité a entrepris plusieurs démarches. En 2023, il a souscrit à l’iBanking SMS et E-banking pour suivre les transactions sur ses comptes et découvrir l’ampleur réelle des transferts interbancaires effectués à son insu. Il a également saisi la BCEAO par dépôt physique d’une réclamation, confirmée par la réception de ses pièces jointes attestant la fraude, et a porté le dossier devant le Médiateur de la République le 27 octobre 2025. Malgré cela, aucune solution concrète n’a été apportée. Le retraité met également en lumière une tentative apparente de transfert de la fraude vers sa nouvelle banque sise à Mbour, après avoir constaté un rapprochement suspect des codes guichets entre son ancien compte d’une célèbre banque de la place, dès fin décembre 2025. Il craint ainsi que le détournement de ses fonds ne continue, malgré ses efforts pour sécuriser sa pension.
La détresse d’un père de famille ayant dignement servi son pays
Au-delà des aspects techniques et financiers, cette situation revêt une dimension humaine et morale. Ce père de famille, ayant servi loyalement l’État et participé à des opérations militaires au Sénégal et en Guinée-Bissau, vit aujourd’hui dans l’angoisse de ne pouvoir jouir de sa pension légitime. Il précise ne pas être invalide, mais que ses droits FNR sont détournés, tandis que d’autres construisent des maisons avec ses fonds. Il demande expressément le soutien du président de la République, chef suprême des armées, du Premier ministre Ousmane Sonko, des chefs religieux musulmans et chrétiens, ainsi que du Médiateur de la République, pour mettre fin à ce scandale et rétablir ses droits.
Le retraité résume sa situation ainsi : sa pension FNR est virée dans un compte dont il ne peut disposer, des retenues sociales sont détournées, son identité et sa signature ont été usurpées pour créer des comptes destinés à des transactions internationales, et des engagements immobiliers fictifs le suivent aux banques où il est affilié. Ces faits démontrent une organisation frauduleuse structurée, dans laquelle il est la victime depuis plus de vingt ans. Pour illustrer la gravité de la situation, il cite également un exemple récent. Une facture de la SENELEC, d’un montant de 124 500 F CFA, lui est régulièrement envoyée pour un compte de contrat qu’il n’a jamais signé. Il suspecte que ses données personnelles et bancaires aient été exploitées pour générer des obligations financières à son insu.
Le témoignage de ce père de famille, retraité des Forces Armées, interpelle les autorités et la société sur la nécessité de protéger les droits des citoyens, en particulier ceux qui ont servi loyalement le pays. Son appel à l’action est clair : mettre fin aux détournements de sa pension FNR, garantir la fermeture des comptes frauduleux, et empêcher toute continuation de ces pratiques dans sa nouvelle banque.
Avec le TEMOIN