Ayib Daffé plaide pour une refonte profonde de la justice et de l’administration publique

0 5

Ayib Daffé, secrétaire général du parti Pastef et président de son groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, a livré une analyse sans concession du fonctionnement de l’administration publique, en particulier de la justice. Pour le responsable politique, une réforme structurelle s’impose pour restaurer la confiance des citoyens et garantir l’efficacité des institutions.

Ayib Daffé a d’emblée rappelé la place centrale de la justice dans le projet de redressement de l’État porté par son parti. Selon lui, aucune politique de bonne gouvernance ne peut aboutir sans un appareil judiciaire solide. « La justice a un rôle très important à jouer parce qu’il y a des choses que seule la justice peut résoudre », a-t-il affirmé, soulignant que la transparence, l’efficacité, l’équité et l’accessibilité de la justice constituent des conditions indispensables au succès des réformes annoncées.

Le député a regretté que les textes juridiques, pourtant clairs, soient « mal appliqués » par certains acteurs. Il pointe un déficit de conscience professionnelle et un manque d’engagement envers l’intérêt général. Pour Daffé, cette situation fragilise la crédibilité de l’administration et nourrit la défiance des citoyens.

Interrogé sur l’appel au « nettoyage » de la justice récemment lancé par le Premier ministre Ousmane Sonko, Ayib Daffé a apporté un soutien explicite à cette orientation. « Évidemment, c’est la solution. Si on parle de nettoyage, c’est dans toute l’administration », a-t-il soutenu, estimant que chaque agent public doit incarner une éthique irréprochable et respecter la hiérarchie. Il a rappelé que même si la justice bénéficie d’une indépendance constitutionnelle, elle demeure liée par des textes et agit « au nom du peuple ».

Daffé a insisté sur la nécessité d’appuyer toute réforme sur les travaux des corps de contrôle, dont les rapports permettent d’identifier les manquements. Il a préconisé des mesures fortes : remplacer les agents défaillants par d’autres disposant des mêmes compétences, mais faisant preuve de plus de rigueur et d’intégrité.

Pour le parlementaire, cette refondation institutionnelle doit s’accompagner d’un changement profond de mentalités. Il rappelle que la justice, bien que rendue par les magistrats, appartient en dernier ressort aux citoyens. « La justice n’appartient pas aux magistrats mais au peuple, car elle est rendue en son nom », a-t-il martelé, tout en réaffirmant son attachement à la séparation des pouvoirs.

L’intervention d’Ayib Daffé s’inscrit dans un débat national de plus en plus pressant sur l’efficacité de l’administration publique et sur la nécessité d’en renforcer la transparence, à un moment où l’exécutif affiche sa volonté de refondation institutionnelle.

Leave A Reply

Your email address will not be published.