Tensions au sommet de l’État : Mamoudou Ibra Kane accuse et alerte

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Depuis la France, où il séjourne actuellement, le journaliste et leader du mouvement « Demain, c’est maintenant », Mamoudou Ibra Kane, a accordé un entretien au quotidien L’Observateur. Dans cette interview, il dresse une analyse sans concession des tensions qui agitent le sommet de l’État sénégalais. Selon lui, la crise politique en cours trouve son origine dans une dualité profonde entre les deux têtes de l’Exécutif : le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko.

Deux postures opposées

Pour Mamoudou Ibra Kane, le différend repose essentiellement sur la différence de posture entre les deux hommes.
Il estime que le Président Bassirou Diomaye Faye adopte une attitude « républicaine », soucieuse du fonctionnement régulier des institutions, tandis que Ousmane Sonko, lui, défendrait une ligne « plutôt partisane », privilégiant l’agenda politique de son parti, le Pastef.

Le journaliste cite notamment le Téra-meeting, organisé récemment par le Premier ministre, qu’il interprète comme une démarche destinée à mettre en avant le Pastef au détriment des priorités étatiques. À ses yeux, Sonko chercherait à s’imposer en « donneur d’ordres » face au chef de l’État.

« Constitutionnellement, Sonko est le grand perdant »

Mamoudou Ibra Kane insiste sur un point : en cas de confrontation directe entre les deux hommes, la Constitution donne clairement l’avantage au Président.

« Le Premier ministre s’illustre dans un bras de fer qui ne lui profitera pas », confie-t-il. Il rappelle que le Président de la République reste la clé de voûte des institutions, détenteur de la légitimité suprême, tandis que le Premier ministre est avant tout un collaborateur nommé.

Un discours jugé dangereux pour la stabilité

Au-delà de la rivalité institutionnelle, Mamoudou Ibra Kane accuse Ousmane Sonko d’envoyer de « mauvais messages » au pays et à ses partenaires internationaux.

Il cite en particulier :

  • le blocage économique, conséquence du refus affirmé par le Premier ministre de restructurer la dette sénégalaise, malgré les discussions avancées avec le FMI ;
  • un mauvais signal envoyé aux partenaires économiques, dans un contexte où la confiance est essentielle ;
  • la priorité donnée à son rôle de chef de parti, au détriment de mesures économiques urgentes ;
  • la “stratégie du bouc émissaire”, qui consisterait, selon lui, à cibler des proches du Président — dont Abdourahmane Diouf ou Aminata Touré — afin de détourner l’attention des difficultés économiques réelles.

Un appel à la responsabilité politique

Dans son entretien, Mamoudou Ibra Kane appelle les dirigeants sénégalais à faire preuve de « sens de l’État » et à éviter les luttes d’influence susceptibles de fragiliser davantage une économie déjà sous pression.
Il rappelle que les attentes des populations sont immenses et que les querelles internes ne font qu’aggraver les incertitudes politiques et économiques.

 

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